Explorez le chemin, continuez l'Histoire...

Ses paysages

Dans les montagnes des Cévennes, le chemin offre l’aspect d’un sentier à flanc de coteaux que la nature a organisé à son goût : arbres, roches de schiste, pierres saillantes, creux de vallée mousse et épines, cours d’eau pittoresques, autant d’obstacles que de plaisir !

 

La draille (draye, les deux mots sont possibles) ou chemin de transhumance dessiné par les passages répétés des troupeaux en quête de pâture abondante, garde encore aujourd’hui un aspect sauvage et libre. Elle évolue par nécessité sur des sols stériles qui ne permettent pas de culture afin de laisser les terres fertiles disponibles et accessibles.

 

Sur les plateaux du Velay, la draille sillonnait sur des étendues herbeuses à la faveur des murets et des aléas végétaux pour devenir enfin un véritable chemin de terre. Une draille, de par sa fonction, ne traversait pas les villages pour éviter que les animaux ne viennent perturber et bouleverser les infrastructures, à l’inverse elle profitait parfois des fonds de vallée ou le bétail savait pouvoir trouver de l’eau.   

 

Une partie de la voie nommée « route royale » construite au XVIIIe siècle se composait de deux bords parallèles, maçonnée en pierres de taille entourée de fossés, elle remonte probablement aux XII siècle afin de permettre le passage de chariot ou charroi.

 

On trouve ensuite des fractions de routes dites modernes telle que nous les connaissons aujourd’hui, goudronnées et rigoureusement tracées. Doit-on émettre des regrets quant à leur existence et déplorer de marcher sur ce revêtement ? Non car il faut comprendre que de nos jours encore ce chemin de Régordane est utilisé en de multiples endroits et que sans le savoir nous utilisons des passages qui sont établis depuis des siècles. Nous n’arrêtons pas l’Histoire, en empruntant cette route nous la revendiquons. « Il est très rare que les aspects successifs du chemin coexiste côte à côte. Le plus souvent ils se superposent, la dernière chaussée recouvrant la précédente » Qui sait si nos descendants ne seront pas ravis de marcher sur du goudron, comme nous aujourd’hui sur des sentiers inégaux.