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Saint Gilles...

On ne peut parler de la Régordane sans évoquer le personnage mythique de Saint Gilles considéré comme le fondateur de la voie (VIIe siècle). Sa légende a surtout permis aux moines de l’abbaye de Saint Gilles de contrôler le Collet de Villefort (656m) col de faible altitude contre 1000m pour le Mont Lozère. Il est le seul à rester ouvert entre le nord et le midi toute l’année. Il est donc stratégiquement essentiel. En ce temps-là, maîtriser les passages, c’est maîtriser les envahisseurs et augmenter ses revenus financiers par la mise en place de péage, notamment sous le château nommé « Castel Viel » qui donnera par la suite son nom à Villefort. Les moines bénéficieront de cette manne prodiguée par les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle, passant par Saint Gilles, jusqu’à la période des croisades albigeoises qui verront le sanctuaire de Rocamadour supplanter celui de Saint Gilles, dont l’aura sera altérée par l’assassinat du légat du pape.   

 

 Saint Gilles, de son vrai nom Aegidius, d’origine grecque dont l’Histoire prétend que ses miracles le conduisirent à fuir sa célébrité et Athènes sa ville natale, par la même occasion. Il prend la mer et débarque sur la côte provençale où il se rend à Arles, il y sera ordonné prêtre. Il finit par trouver refuge auprès d’un ermite grec lui aussi,  Saint Vérédème, dans les gorges du Gardon (en amont du Pont du Gard, au-dessus de Samilhac, ou à Notre Dame de Laval près de Collias). Cependant Aegidius réalise toujours des miracles, amène la pluie en pleine la sécheresse, guérit une paralytique et sa notoriété augmente, si bien qu’il doit partir pour Nuria en Catalogne.  Il y sculpte une vierge noire encore exhibée pendant les processions du premier septembre. 

 

Charles martel (ou Charlemagne selon les sources, un illustre personnage pour donner du poids à la légende) fait appel à Saint Gilles pour l’absoudre de ses péchés, celui-ci quitte son abbaye pour traverser le massif central et arriver à Orléans. A Portes il aurait guérit une femme, il devient saint patron du village. Une cohorte de miracles alimente l’histoire du religieux, certainement entretenue par les moines qui virent là un moyen d’accroitre leur puissance. « La victa sancti aegidii » est un manuscrit qui retrace les aventures plus ou moins véridiques du célèbre religieux. Lorsqu’ il meurt son corps est déposé dans un sarcophage et continue d’être vénéré comme le saint des mendiants des infirmes et des forgerons, on l’invoque pour les cancers, les cas d’infertilités et la folie notamment.