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Voici tiré du livre « Les châteaux du Gard » de Marthe Moreau aux éditions Les presses du Languedoc, une présentation des châteaux qui se trouvent le long du chemin de Régordane. Notamment Concoules, Génolhac, Chamborigaud, Laval-Pradel et Saint-Martin-de Valgagues.

 

Concoules

Peu avant le village de Concoules, le Château de la Grange est invisible depuis la route d’Alès à Villefort dont il est proche.

A l’origine simple ferme fortifiée, ce petit château a été construit dans la deuxième moitié du XVIIe, avant d’être récemment complètement modernisé. C’est l’œuvre des Castanier, ancienne famille de potiers d’étain devenus viguiers de la baronnie de Brésis. Ils le conservèrent jusqu’au XIXe siècle. Mme Castanier le donna à son neveu, Jean-Hubert Raoul de Chastaignier de la Grange, qui le vendit en 1891 à Emile Peyric.

A sa mort, il fut transmis à ses neveux et appartient depuis une quinzaine d’années à la famille placide.

 

Description :

Il est bâti à flanc de coteau sur plan quadrilatère. Les transformations et aménagements ont été conçus pour le rendre plus habitable, sans souci d’authenticité.

Tout en granit du mont Lozère taillé sur place, les pierres apparentes sont aujourd’hui soigneusement jointoyées. Sous l’ancien crépi, ont été découvertes des fenêtres à meneaux qui sont restées murées.

L’entrée est au midi. A l’angle sud-est, la tour ronde reconstruite en 1840 après s’être écroulée, porte cette date sur la girouette.

La cour intérieure carrée est pavée. Les trois corps de logis sont complétés, à l’est, par une galerie sur arcades (dont plusieurs sont bouchées), qui prend jour sur l’extérieur. Dans l’angle sud-ouest, une tour carrée, dépassant les toits,  est couvertes en lauzes comme la tour ronde, alors que les toits sont en tuiles canal. Dans la cuisine a été conservée la cheminée de pierre datée de 1660, avec sa « patouille »  et le vieil évier.

Depuis la terrasse qui est devant la façade, la vue s’étend au loin, jusqu’à la vallée de la Cèze.  

 

Génolhac

En face de l’église, dans cette ville bâtie sur l’ancienne voie romaine, la Régordane, une tour carrée du XIe ou XIIe siècle, accolée à un logis du XVIIIe siècle, est le seul vestige bien conservé du château de Génolhac.

La seigneurie de Génolhac était en paréage entre les évêques d’Uzès et les seigneurs de Randon, de Polignac, Budos de Porte et Conti. En 1777, les princes de Conti vendirent leurs biens de Génolhac à Claude-François de Roche, descendant de Jacques de Roche, le célèbre chef catholique.

 

Description :

Le plan de la tour est presque carré avec 6,60 mètres sur 6,66 mètres de cotés extérieurs.

En grand appareil de granit, rehaussé par endroits de bossages, les murs ont une épaisseur de 1,90 mètre environ.

Aucune ouverture à la base. La tour n’est accessible que par une petite porte, à 4 mètre de hauteur, en partant d’une salle du bâtiment adjacent. Deux portes condamnées existent toutefois au même niveau, sur deux faces, larges de 0,75 mètre, avec un  linteau droit sous un arc de décharge en plein cintre, avec tympan plein, un peu en retrait.

L’intérieur ne comporte aucune voûte, seulement des planchers reliés par un petit escalier moderne. A mi-hauteur, une sorte de niche avec quatre gradins dont le plus élevé, percé d’un trou pourrait être des latrines, bien qu’on ne voit pas d’évacuation. La toiture en pavillon, couverte de tuiles canal, est bien entretenue.

La tour appartient à la famille du docteur Pelet.

 

Chamborigaud

Le château de Montjoie : à la sortie du village est visible depuis la route.

Construit au XVIIe siècle par le capitaine de Leyris, il appartint ensuite au Gabric, de Tignac. Samuel Miaulet l’acquit vers 1900 et décida de lui donner le nom de Montjoie que portaient les derniers propriétaires nobles sous le premier empire.

Ce gracieux petit château a toujours été en bon état. Il appartient depuis quelques années à un japonais, M. Yoshii, qui possède une galerie de peinture à Paris, avenue Matignon.

 

Description :

Le plan du château est en L. Les trois tours rondes sont percées de fenêtres à traverse de pierre et coiffées de toits pointus qui d’après une carte postale ancienne, sont des ajouts. Les fenêtres des corps de logis sont des croisées à meneaux.

Le parc superbement entretenus, s’étend jusqu’au ruisseau du Luech. Il est orné d’un petit bassin polygonal avec jet d’eau. De ce côté, un escalier de pierre à double révolution monte jusqu’à la terrasse à balustrade, au rez-de- chaussée surélevé. Sous l’escalier on trouve une grotte de rocaille.

 

  Laval-Pradel :

Au nord de la Grand-Combe, sur une montagne d’ascension difficile, le château de Trouilhas était situé au cœur du bassin  houiller dont les premiers seigneurs exploitaient déjà les charbonnières au XIVe siècle.

Ce furent d’abord les Martinas, puis les duranc, et les Bony, au XVIe et XVIIe siècles. En 1700, le domaine fut acheté par Antoine Deleuze, fermier général de « la comté d’Alais ». Ses déscendants le vendirent en 1782 au maréchal de Castries, qui voulut faire exploiter intensément le terrain minier mais entra en conflit avec Tubeuf, concessionnaire royal, des mines d’Alès. Il en résulta une violente et fameuse bagarre, au pied même du Château, qui fut brûlé, pillé et abandonné depuis.

Comme Portes, il se trouva ruiné par l’exploitation des mines de charbon. Ses ruines, jamais relevées, sont aujourd’hui invisibles, couvertes de ronces et d’une végétation exubérante.

 

La route qui conduit depuis Alès au col de Portes longe la façade ouest du château du Pradel. Depuis 1652 et jusqu’en 1770, la seigneurie et le château du Pradel appartenait aux Roquefeuil Gabriac, qui avaient succédé par mariage aux Donzel de Chantaruejols. La veuve du marquis de Roquefeuil, Suzanne Baschi du Cayla, les vendit au sieur de Trouilhas, Joseph Mathieu Deleuze, qui les céda, ainsi que Saint Andéol de Trouilhas, à Charles Eugène de la Croix de Castries, en 1782.

Le château fut vraisemblablement  vendu comme bien national à un propriétaire négociant, André Francezon, dont l’héritier le céda en 1886 à Clovis Rouquette, négociant en vin  et fourrage.

Ayant abrité, pendant deux siècles, une exploitation agricole, il était en état lorsqu’il fut acquis en 1914 par la Compagnie des mines de la Grand’Combe. La municipalité de Laval-Pradel l’a acheté en 1990 et a installé une salle polyvalente dans le bâtiment sud, ajout du XIXe siècle.

 

Description

Ce bâtiment recangulaire, tout en longueur, de 1 200 mètres carrés, à deux étages sur rez-de-chaussée et un comble, est muni aux quatre angles d’échauguettes circulaires en briques, avec cul de lampe en pierre orné de motif végétaux. Sa particularité est dans l’étage du comble, éclairé par cinq oculi  (wikipedia : ouverture pratiquée sur un comble de voûte) surmontés de pignons en série continue ourlé de trois rangs de génoises. La même disposition se retrouve sur les deux façades.

Sur la façade est, du côté où passait l’ancienne voie Régordane, deux bâtiments agricoles construit au Nord et au sud, au XIXe siècle, donne à l’ensemble une forme en U. La porte d’entrée, déportée sur la droite, est remarquable, elle est rectangulaire, surmontée d’une niche d’une niche encadrée de consoles à enroulement et coiffé d’un fronton cintré, avec, à gauche et à droite un oculus.

Cette porte s’ouvre sur l’escalier en pierre, à volées droites et rampe sur rampe. Les volées sont soutenues par des berceaux rampants et les repos couverts de voûtes d’arêtes séparées par des colonnes monolithes à chapiteaux et bases moulurés. Les fenêtres à meneaux, plus ou moins murées, sont surmontées d’arcs de décharge cintrés ou en bâtière.

Au rez-de-chaussée, les pièces sont couvertes de voûtes d’arêtes et de voûtes en berceau plein cintre, mais l’intérieur a été remanié.

 

Saint-Martin-de-Valgagues

Au nord d’Alès, le château de Lacoste, en dehors du village, fait face au puech de Cendras. Pour le découvrir blotti dans la végétation, il faut suivre le Gardon. A ses pieds, la voies de chemin de fer longe ce qui fut un parc de 20 hectares devenue zone industrielle, heureusement non utilisée.

Il a été construit au XVIIIe siècle, sur des bases plus anciennes, par le grand-père du poète cévenol, Gustave Christophe Valentin, marquis de la Fare-Alès, auteur des poésies « Castagnados ». Celui-ci naquit en 1791 et y mourut en 1846. Le dernier marquis disparut en 1870 sans laisser de descendance.

Mais le château ne fut jamais abandonné. Au début début du XXe siècle, le baron Xavier Reille, président des Forges et fonderies d’Alès, député du Tarn, l’habita à son tour. Après la guerre, M. Bérard expérimenta une plantation d’ananas dans des serres qui furent emportées par une inondation, puis M. Chazel planta un grand verger de pêchers. Depuis 1992, le château appartient à M. Lugand, qui le restaure avec passion.

 

Description

La façade principale à l’ouest, sur le Gardon, compte quatre étages. Elle est distribuée en trois parties égales de 10 mètres. Le corps central est en retrait, dégageant ainsi deux pavillons carrés reliés par des terrasses à balustrades, la terrasse du premier étage est soutenue par deux grandes arcades. Au sommet de l’ensemble, un petit édicule supporte le clocheton créé par M. Reille pour appeler ses ouvriers au son de la cloche.

L’entrée du château est au sud, dans le flanc du pavillon, à mi-hauteur du bâtiment adossé au coteau, sur une forte pente. Elle se fait par l’une des sept terrasses dont le château est pourvu.

A l’arrière, étant donné la pente, la petite terrasse est à la hauteur du premier étage et rejoint de plain-pied le sol extérieur.

Dans le sous-sol, neuf caves enchevêtrées sur deux niveaux sont voûtées d’arêtes, dont deux avec un pilier central.

A l’intérieur, le grand hall d’entrée est également couvert de voûtes d’arêtes. Face à la porte d’entrée, une ouverture en anse de panier avec pilier central dévoile l’escalier qui mont à l’étage sans palier intermédiaire.

Le rez-de-chaussée comprend chapelle et sachristie, ainsi qu’une enfilade de salles et salons de style Louis XVI. Les étages abritent une quinzaine de chambres, une courette au centre, une terrasse intérieure, une loggia et la bibliothèque posée sur le corps central. L’influence italienne se ressent dans la disposition générale et dans maints détails. Le château ne se visite pas.

 


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